Vertige, vertige. Je regarde à travers le hublot et ne peux qu’observer l’étendue infinie de l’Océan Atlantique, d’un bleu lointain, effacé, émaillé de petits nuages de coton ici et là. Comme eux, je flotte dans une apesanteur d’entre-deux mondes depuis ma cabine courant à 11 000 m d’altitude. Je reprends peu à peu mes esprits après une sieste salutaire, j’émerge du monde fantasque de mes rêves…
Après presque sept heures de vol depuis Madrid, me voilà approchant l’archipel des Petites Antilles avec à peu près le même cap que tenaient les caravelles de Christophe Colomb en 1492. Terre ! A la surprise du moment vécu s’ajoute la portée vertigineuse que l’Histoire a donné à la « première » découverte des terres du Nouveau Monde. Je vais moi-même vers un inconnu à peine débroussaillé ; mon ventre, comme ceux des caravelles jadis, trimballe son même lot d’attentes, de rêves, d’espoirs et d’angoisses face au vide de la Terra Incognita. Hier encore, je sirotais quelques verres au deuxième étage du Franco-belge avec les miens, comme il y a une semaine, comme il y a un mois. Je déambulais dans le feutre familier du Versailles que je connais, avec ses cadres, ses habitudes, ses visages… - Je tends le coup pour tenter d’apercevoir les premières îles des Antilles, les premières poussières d’Amérique ! Je scrute l’horizon… encore rien ! Hier… tout ça, c’est déjà hier. Aujourd’hui m’attend un futur inconnu, riche en possibles, riche en sentiments nouveaux, mais il me faudra bâtir de nouveau, un petit peu. Me voici donc sur les traces de Jiménez de Quesada, le découvreur de la Colombie et fondateur de Bogota en 1538, qui ouvra la route à des conquistadores illuminés, qui sillonneront la forêt impénétrable à la recherche du mythique El Dorado. Enfin, c’est plutôt un vieux truc entre mon imaginaire et moi, qui me pousse vers l’avant, une force pour me jeter dans le vide, un vent favorable gonflant mes voiles…
Ces lignes maladroites transportent ce mélange unique d’émotions contradictoires que je n’avais jusque-là jamais ressenti. Je vous aime, vous que j’ai laissés en France, et je t’aime, avenir truculent qui m’attend ! Je suis le théâtre d’un combat de sentiments-titans. J’ai le vertige.
Terre ! A force de scruter l’horizon, tel la vigie qui découvrit Guanahani, je devine les contours sombres de l’île de la Dominique, dont le relief accroche les cohortes de nuages venant de l’est. Déjà se profile plus au nord l’ombre à peine perceptible de la Guadeloupe et voilà que je survole à la verticale la paisible Martinique. Et je suis encore en France…
Après presque sept heures de vol depuis Madrid, me voilà approchant l’archipel des Petites Antilles avec à peu près le même cap que tenaient les caravelles de Christophe Colomb en 1492. Terre ! A la surprise du moment vécu s’ajoute la portée vertigineuse que l’Histoire a donné à la « première » découverte des terres du Nouveau Monde. Je vais moi-même vers un inconnu à peine débroussaillé ; mon ventre, comme ceux des caravelles jadis, trimballe son même lot d’attentes, de rêves, d’espoirs et d’angoisses face au vide de la Terra Incognita. Hier encore, je sirotais quelques verres au deuxième étage du Franco-belge avec les miens, comme il y a une semaine, comme il y a un mois. Je déambulais dans le feutre familier du Versailles que je connais, avec ses cadres, ses habitudes, ses visages… - Je tends le coup pour tenter d’apercevoir les premières îles des Antilles, les premières poussières d’Amérique ! Je scrute l’horizon… encore rien ! Hier… tout ça, c’est déjà hier. Aujourd’hui m’attend un futur inconnu, riche en possibles, riche en sentiments nouveaux, mais il me faudra bâtir de nouveau, un petit peu. Me voici donc sur les traces de Jiménez de Quesada, le découvreur de la Colombie et fondateur de Bogota en 1538, qui ouvra la route à des conquistadores illuminés, qui sillonneront la forêt impénétrable à la recherche du mythique El Dorado. Enfin, c’est plutôt un vieux truc entre mon imaginaire et moi, qui me pousse vers l’avant, une force pour me jeter dans le vide, un vent favorable gonflant mes voiles…
Ces lignes maladroites transportent ce mélange unique d’émotions contradictoires que je n’avais jusque-là jamais ressenti. Je vous aime, vous que j’ai laissés en France, et je t’aime, avenir truculent qui m’attend ! Je suis le théâtre d’un combat de sentiments-titans. J’ai le vertige.
Terre ! A force de scruter l’horizon, tel la vigie qui découvrit Guanahani, je devine les contours sombres de l’île de la Dominique, dont le relief accroche les cohortes de nuages venant de l’est. Déjà se profile plus au nord l’ombre à peine perceptible de la Guadeloupe et voilà que je survole à la verticale la paisible Martinique. Et je suis encore en France…
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire